SAINT-FRANÇOIS D'ASSISE ( v.1182-1226)
ou Fidèle de Sigmaringen?


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Cette statue considérée par L'abbé Lemire comme étant celle de Saint-François d'Assise est peut être celle de Fidèle de Sigmaringen (1577-1622), prêtre, missionnaire, assassiné à coups de massue. Il est le patron de Capucins. 

François d'Assise, religieux italien 
(Assise, v. 1182 - id., 1226 ). 
Personnage majeur du Moyen Âge occidental, François d'Assise a illustré par sa vie et son œuvre les vertus d'amour et d'humilité, et a proposé à la chrétienté de son temps le modèle de la pauvreté. 
Francesco est le fils de Pietro di  Bernardone, marchand de draps, propriétaire d'immeubles et de domaines ruraux, qui, en tant qu'homme fortuné, fréquentait l'aristocratie. Sa mère est probablement d'origine française.
François apprend le latin à l'église, mais plutôt que d'entreprendre des études érudites, il acquiert une formation technique. Amateur de chant et d'une forme de poésie analogue à celle des troubadours, il a aussi une grande admiration pour les valeurs de la chevalerie et rêve d'imiter les hauts faits des héros légendaires. 

Connu pour sa prodigalité parmi ses joyeux compagnons nobles et bourgeois de la ville, il ne tarde pas à céder à ses ambitions chevaleresques : tenté par la carrière des armes, il s'enrôle lors de la guerre entre Assise et Pérouse. Fait prisonnier, il est libéré, contre une rançon payée par son père, en 1203.
Après une longue maladie commence pour François une période tourmentée, qui aboutit à un changement de vie complet. Les biographies édifiantes, rédigées après sa mort, décrivent avec emphase ce cheminement vers la conversion, précédée de visions symboliques et prophétiques par lesquelles le Christ lui aurait transmis la volonté de Dieu. 
Ce qui est certain, c'est que, en 1205 -1206, il participe à des œuvres caritatives, fait preuve d'abnégation, notamment en donnant des soins aux lépreux ; il dira lui -même dans son Testament : «Quand je les quittai, ce qui m'avait semblé amer s'était changé pour moi en douceur pour l'esprit et pour le corps. Ensuite j'attendis peu et je dis adieu au monde.»


Il est prêt au renoncement total. Ayant choisi la pauvreté, il rend tout, y compris son vêtement, à son père, et rompt avec lui en avril 1207.
 Il mène désormais la vie des pénitents : sans appartenir au clergé, il pratique l'ascèse (privation de tout confort, dénuement ), la prière et la bienfaisance. Il répare de petites églises autour d'Assise. Des amis le rejoignent et se vouent avec lui à la pauvreté. Ils forment la fraternité des Pénitents d'Assise, vénérant tout particulièrement le Christ crucifié. Logés dans des cabanes à Rivo Torto, sous les murailles de la ville, ils sont autorisés à s'installer à l'église Sainte-Marie-des-Anges, dite de la Portioncule («petite porte »). Tout en servant les pauvres, ils vont prêcher la conversion dans les régions voisines de l'Italie.

Les autorités ecclésiastiques se méfient d'abord de ce groupe de pénitents:L'ordre des Frères mineurs , qui leur rappelle des mouvements antérieurs en rupture avec le clergé et taxés d'hérésie. Cependant, François réussit à défendre sa cause auprès de la hiérarchie et obtient l'appui de l'évêque d'Assise ainsi que celui du pape Innocent III, qui approuve oralement la règle des Frères mineurs (dont le nom traduit l'humilité ). L'apostolat de François et de ses disciples, dont le nombre ne cesse de croître, s'étend alors à toute l'Italie du Centre et du Nord.

L'un des traits les plus originaux du nouvel ordre est le vœu de pauvreté absolue, qui interdit – non seulement à ses membres, mais à la confrérie dans son ensemble – de posséder des biens et d'avoir des revenus. Ce trait fondamental s'oppose aux règles en usage dans l'Église : même les ordres monastiques devaient subvenir à leurs besoins, et certains étaient devenus très riches. François exige de ses frères qu'ils abolissent en eux le goût de la propriété, considérant que celle -ci est une source de violence : «Si nous possédions des biens, dit -il, il nous faudrait les défendre

Dès 1217, des missions sont envoyées au nord des Alpes. C'est à partir de 1219 que les succès de l'apostolat franciscain se multiplient en Allemagne, en France, en Hongrie, en Angleterre, où des frères s'établissent. Certains compagnons, qui vont jusqu'au Maroc, s'y font massacrer. François lui -même rejoint à Damiette, en Égypte, la Ve croisade. Révolté par les violences guerrières, il part avec un seul frère vers les lignes ennemies. Conduit devant le sultan, il a avec lui un entretien religieux, avant d'être ramené avec honneur au camp des croisés.

Pendant son absence, des divergences sont nées, en Italie, parmi les frères. Certains sont prêts à des compromis qui risquent de ruiner l'idéal de l'ordre. En 1221, François doit composer une nouvelle règle, pour réaffirmer les exigences essentielles. C'est seulement en 1223 qu'un texte plus juridique est promulgué, insistant davantage sur les aspects institutionnels. Pendant les dernières années de sa vie, François laisse de plus en plus à d'autres le soin d'organiser l'ordre qu'il a fondé. Il se consacre à la prédication et à la prière et il se retire souvent dans des ermitages.

En 1224, dans la solitude de l'Alverne, au nord d'Arezzo, alors qu'il médite sur la passion du Christ, il reçoit les stigmates : les plaies du crucifié s'impriment sur ses mains, ses pieds et son côté. Il est déjà malade et presque aveugle. C'est pourtant au milieu de ces souffrances qu'il compose le Cantique au soleil, louange joyeuse et sublime du Dieu créateur. Il meurt le 3 octobre 1226, après avoir dicté son Testament.


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