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"LA MAISON SAINT-FRANÇOIS" PETIT SÉMINAIRE D'HAZEBROUCK  
Jacques DEHAENE   1° supérieur de 1865 à 1881 

biographie > 1865- révocation > la rentrée 1865  > 1870  >  > 1865-18941882 mort de Dehaene
1865 Rémi Isoré  1872> Jules Lemire  > 1872 Mgr Ferrant > 1888> Mgr Bridoux


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 DOCUMENTS   AUDIO > Conférence de Mgr Dupont enregistrée le 30 Mars 1966 
  Jacques Dehaene


Les Capucins  Jacques Dehaene  Paul-Alphonse Baron   Charles Delannoy  Gaston Gars
Daniel Allaert 
Théodore Bogaert 1Gérard Robitaillie  Albert Braems   
La chapelle  3
Diaporama


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JACQUES DEHAENE: BIOGRAPHIE  (1809-1882)

Jacques Dehaene 1° supérieur
Jacques Dehaene-1809-1882

Jacques Dehaene? Pour neuf Hazebrouckois sur dix, c’est tout au plus le nom d’une voie qui unit la rue Warein à la rue d’Hondeghem. Et pourtant cet homme fut pendant cinquante ans, qui ne sont pas si éloignés de nous, le plus important des Hazebrouckois. 
Prédicateur, poète, directeur de conscience, fondateur du lycée des Flandres, de l’institution St-François d’Assise, du collège des Dunes à Dunkerque, d’une institution à Gravelines, promoteur de la paroisse Notre-Dame, il a fait venir les capucins, créé plusieurs congrégations et a failli être député.
L’abbé Lemire lui a consacré un livre de 592 pages et la ville fit donner la fanfare quand on apprit qu’il avait refusé la direction du séminaire de Cambrai pour rester dans les Flandres. 
Il était né à Wormhout dans une famille très modeste, le 16 septembre 1809. Remarqué pour sa ferveur et sa vivacité d’esprit, par le clergé de Quaedypre, où il passa son enfance, il apprit à décliner " Rosa la rose " sur le rythme’ poétique d’un tic-tac de moulin. 
C’est un meunier, M. Van Bockstael, qui lui procura les premières nourritures spirituelles. 

Quelques années. plus tard, il arrivait, à pied, au collège d’Hazebrouck. Quatre classes au rez-de-chaussée du couvent des Augustins, pas de cour de récréation, la place du Marché aux Chevaux en tenait lieu, le collège était dirigé par un prêtre, l’abbé Delassus connu surtout pour avoir traduit en flamand une grammaire française. Jacques Dehaene fit des études de " biographie ", c’est-à-dire " particulièrement brillantes ".Il profita largement de l’enseignement qui lui fut donné et entra au séminaire de Cambrai. Toujours aussi ardent au travail, il excellait en discours latin. Et l’un de ses condisciples flamand, faisant allusion à son nom " Dehaene " : le coq put écrire au lendemain d’un examen " Notre petit Coq a chanté plus fort que tous les Français " .Ordonné prêtre le 17 Aout 1834 (faute de ressources, sa famille ne put assister à la cérémonie, Cambrai était alors le bout du monde), il fut nommé vicaire à Douai St-Jacques. il était sur le point d’entrer chez les Jésuites quand la municipalité hazebrouckoise fit appel à lui. En effet, du côté des Augustins, rien n’allait plus. L’abbé Delassus avait été remplacé par un civil, M.Cooche. Ce civil devait manquer de civilité. Les effectifs fondaient comme neige au soleil. De 80, les élèves passèrent à 30 puis à 15. Les conseillers municipaux parlèrent sérieusement de fermer l’établissement et de transformer les subventions du collège en quelques bourses d’études.
L’abbé Dehaene prit la relève, après avoir préparé et passé en quelques -semaines son baccalauréat. Il fut nommé officiellement directeur le 23 janvier 1838.
En octobre, il s’installe dans une maison située en face de l’église et qui sera le berceau du collège des Flandres. En plus du latin et du français. il ouvre des cours de. mathématiques et ce qui parut une audace, une classe d’écriture.
Ce cours fut confié à Mr Desbuschère, calligraphe réputé qui remportait toutes les médailles d’or dans les concours de maîtres d’écriture. C’est lui qui calligraphiait les vœux et souhaits sur les cartes de nouvel an que les imprimeurs offraient à leur clientèle, dès le 1er décembre.
L’établissement ne cesse de se développer. Une école primaire supérieure est créée et annexée au collège, de nouveaux locaux sont construits et le proviseur avance 2.500 F pour faire transformer les mansardes en dortoirs. Il ne sera remboursé qu’après sept ans de démarches et de réclamations. 

Dans la nuit du 16 au 17, un incendie détruisit l’école de la Sainte-union qui jouxtait le collège. On crut que le collège lui-même flambait. Les répétiteurs affolés crièrent
" sauve qui peut ". On passa une partie du mobilier par la fenêtre. Ce fut une panique indescriptible, L’abbé Dehaene y vit (plus tard) le ‘‘doigt de Dieu.
Le conseil municipal qui se faisait tirer l’oreille pour quelques menues dépenses, vota 113.000 F pour l’agrandissement de l’établissement qui se prolonge jusqu’à la rue de la Paix.
L’abbé Dehaene, modeste pour lui, aimait l’apparat pour son établissement. Il avait créé une société de musique dirigée par M. Verroust et qui remplaçait parfois la garde. Les distributions de prix étaient de grandioses cérémonies qui se déroulaient sous une tente dans la cour, et étaient assorties de représentations. théâtrales. 

L’abbé ne badinait pas avec la discipline. Un jour que les élèves avaient été bruyants il en mit 12 à la porte pour quinze jours. Parmi les punis se trouvait le fils du plus haut fonctionnaire de la ville. 

Le rayonnement de sa personnalité était tel qu’en 1845, il fut nommé directeur du Séminaire de Cambrai. Le maire obtint de Mgr Giraud qu’il ne partit pas. Quand la nouvelle fut connue, la musique de la garde lui donna la sérénade. 

En 1850, au contraire, c’est lui qui songe à quitter la ville. Il a été l’objet d’intrigues mais pour éviter une décision trop brusquée, il décide de partir en voyage. A son retour, dans la soirée, les habitants font des illuminations sur son passage. Toutes les fenêtres s’allument .en signe de bienvenue et d’accueil. Il restera. 

L’abbé Dehaene n’hésita pas à s’engager dans l’arène politique. 4000 personnes l’acclament à Morbecque et le désignent comme candidat républicain conservateur aux élections. Il arrivera en tête dans la ville et les environs mais ne sera pas élu. Ses opinions politiques lui attirent l’hostilité du gouvernement. La victoire de Mr Plichon en 1863, sur le candidat gouvernemental, accroît la malveillance officielle. Il
est limogé. 
Plusieurs professeurs démissionnent. Les élèves en profitent pour réaliser le rêve de tous les élèves du monde ils fomentent une petite émeute et commencent à dépaver la cour. Sur les 150 élèves inscrits, il en restera 11 à son départ.

sources
: La voix du Nord Dimanche 28 Mars 1965


Jacques DEHAENE: "Cet homme de Dieu a exercé dans le Nord un vaste apostolat... C’était une nature d’élite. Il était ardent comme un homme du midi, correct et digne comme un homme du Nord. Le collège ne suffisait pas à son zèle, il évangélisait la Flandre. Il allait prêchant avec une véritable éloquence en flamand et en français. Il nous donnait au collège la lecture spirituelle quotidienne, le catéchisme du dimanche, des sermons, les confessions. Il faisait le cours de philosophie, présidait les conseils et dirigeait la congrégation. Il savait être extrêmement bon et réserve tout à la fois. J’eus le bonheur d’être pendant quatre ans son pénitent."

source: Léon Dehon:  (NHV I 14r f.)

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1865- LA RÉVOCATION DE MONSIEUR DEHAENE

AGRANDIR-L'ancien cloîre des Capucins de 1853
L'ancien cloître et la tombe du père Isidore

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Le Principal du Collège communal, Mr Dehaene  devint insensiblement, pour  l’Administration civile de l’époque, un " fonctionnaire irrégulier et incorrect "
Le 8 mars 1865, il fut donc révoqué, après 28 ans de services irréprochables.
Déjà le 6 avril 1861, les Capucins avaient dû quitter Hazebrouck. Leur séjour avait duré peine sept ans. 
M. l’abbé Dehaene se retira donc au couvent des Capucins, dont il était un des trois propriétaires. 
Tous les professeurs prêtres du Collège communal suivirent leur Principal aux Capucins. Il tenait s’établir à Hazebrouck, où il était mieux placé pour recueillir des vocations sacerdotales et pour les abriter. C’était l’avis de tout le clergé.   
Ce grand diocèse de Cambrai n’a qu’un Petit Séminaire, perdu au fond du département. Vous allez établir à Hazebrouck le Petit Séminaire de la Flandre et du nord  du diocèse ".
Ce fut aussi l’avis de Mgr Régnier qui le nomma aussitôt Chanoine honoraire.
Le 16 juillet 1865, après bien des difficultés et des démarches, M. Dehaene obtint l’autorisation d’ouvrir une Institution libre, et le couvent des Capucins prit le nom d’Institution Saint-François d’Assise.

" Je la nomme du nom de Saint François d’Assise, ce grand saint que j’aime tant, parce qu’il a tant aimé le bon Dieu, parce qu’il a tant aimé les pauvres"    
(Lettre de M. Dehaene).

En deux mois 1/2 un étage fut ajouté aux bâtiments primitifs pour les dortoirs des pensionnaires. Ce seront les dortoirs St François, St Louis et St Joseph. Les locaux furent transformés à la hâte: la sacristie, les greniers et jusqu'à des étables furent affectés aux classes. 
Plus tard, Mr Dehaene construisit l’aile droite qui longe la rue Warein. 
La maison, inhabitée depuis quatre ans, secoua sa torpeur et son deuil. C’était toujours le même couvent, asile de prière et de recueillement, avec son cimetière, au centre, entouré d’un cloître, avec sa chapelle conventuelle, son beau retable monumental et sa cloche, dont le  timbre argentin rappelle, de nos jours  encore, un écho de monastère. Le cloître tint lieu, dès lors, de préau couvert; 
le cimetière, où reposait le Père Isidore, supérieur des Capucins, fut transformé en jardinet et le potager converti en cours de récréation. 
L’aile gauche, avec le réfectoire actuel, date de 1886, après la mort de Mr Dehaene le 15.07.1882.

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AGRANDIR-Les professeurs en 1873
 Mr Dehaene, Mr Baron et  les professeurs en 1873 
au dernier rang, Jules Lemire, alors surveillant 
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MERCREDI  8 MARS 1865-L'arrivée de Jacques Dehaene à Saint-François 
extrait de "L'abbé Dehaene et la Flandre", par Jules Lemire - 1891 

AGRANDIR-La chapelle et son retable décorés
La chapelle-1890 
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" Dès  que j’ai mis le pied à  Saint-François, j’ai senti je ne sais quel ineffable contentement. Du haut de son autel désert depuis plusieurs années la Sainte Vierge semblait nous dire " Soyez les bienvenus!"
Tous ceux qui m’ont suivi partageaient  ma joyeuse confiance .En même temps que son cœur se remplissait de joie, sa poitrine se dilatait d’aise. — Nous avons ici un local spacieux et un océan d’air et de lumière, avec une belle église. Depuis que la disgrâce m’a frappé, je ne me suis jamais senti une santé meilleure, ni un courage aussi mâle, ni une gaîté aussi franche et aussi naturelle. Je sens que Dieu m’a fait pour la lutte. 
 Et un peu plus loin " Ma santé est parfaite, je dors fort bien;merveille de DIEU après tant de souffrances, je suis prêt à tout entreprendre pour son amour."
Le couvent des Capucins était inhabité depuis trois ans. Le seul religieux qui le gardait avait dû partir à cause du mauvais vouloir de l’administration la solitude était donc complète. 
Les cellules, laissées dans leur état primitif, n’offraient au regard que des murs de briques nues. On était au mois de mars. Il faisait froid. Rien ne donne froid et rien n’est triste comme une maison vide;et quand elle est de construction récente, son délabrement ajoute à la tristesse de l’abandon celle d’un veuvage prématuré.
A l’arrivée de ses hôtes inattendus, le couvent des Capucins secoua sa torpeur et son deuil. Dans les premiers jours, on n'avait ni feu ni meubles. M. Dehaene et ses collègues durent aller prendre leurs repas en ville. Mais bientôt arriva Rosalie, la bonne servante qui dirigeait la cuisine du collège. Elle franchit non sans émotion la clôture du cloître, qu’elle profanait en y entrant. 
On pendit la crémaillère. On eut un foyer. On mangea son pain.
Puis la chapelle fut rouverte; l’autel se revêtit de propreté et de lumières ; la Sainte Messe fut célébrée, et le DIEU de l’Eucharistie reprit possession de son tabernacle. Les murs en tressaillirent de joie et la cloche, réveillée de son long sommeil, sonna en palpitant un angelus triomphal. Autour de la chapelle, les fleurs du jardin redressèrent leurs corolles ; depuis le départ du Père Camille, elles ne savaient plus à qui sourire. Le printemps s’ouvrait. Les arbres se hâtèrent 
d’étaler leur feuillage, et les oiseaux, heureux d’égayer des oreilles humaines, reprirent plus tôt leurs doux concerts. Les maisons du quartier, attristées elles-mêmes par le voisinage d’une grande solitude, semblaient prendre part à cette vie nouvelle et s’associer à cette résurrection.

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LA RENTRÉE 1865 A SAINT-FRANÇOIS D'ASSISE 

AGRANDIR-La façade en 1900
Le séminaire avant 1900
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La rentrée eut lieu le 9 octobre 1865 avec 15 professeurs et 175 élèves, dont 120 pensionnaires
C’était un chiffre imposant pour l’époque. 
De 1868 à 1871, Charles Boute fut économe et Athanase Lagatie le remplaça de 1871 à 1883.
Parmi les élèves se trouvait un enfant qui se prénommait Rémi, originaire de Bambecque. 
Il allait être proclamé bienheureux par le Pape Pie XII en 1955Rémi Isoré
Deux ans plus tard, en Janvier 1867, dans ce petit Séminaire qui n’était encore qu’une institution libre arriva en classe de 5° le petit Jules Lemire alors âgé de 14 ans.

Saint- François, année 1870.

AGRANDIR-Couverture du livre de l'abbé Lemire
 "L'abbé Dehaene et la Flandre", 
Jules Lemire-1891
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A Saint-François, M. Dehaene put donner libre carrière a son zèle, à ses exhortations. 
Nombreux sont ceux qui lui doivent leur sacerdoce ou les principes religieux qui inspirèrent toute leur vie. 
Sur les bancs du collège ils ont entendu tant de fois le beau langage apostolique et ils ont eu si longtemps sous les yeux un modèle d’abnégation et de sacrifice. 
Un moment vint où il fallut modérer les généreux élans qui emportaient les jeunes gens vers les Missions.
 Il s’agit bien de 1870, l’époque de Napoléon III. St François, sous la direction vigoureuse de son fondateur, Monsieur le Chanoine DEHAENE, était bien vivant. Écoutons l’abbé Lemire, dans son livre,  " L’abbé Dehaene et la Flandre " nous raconter les projets que l’on avait à St François, peu de temps avant qu’une guerre malheureuse ne vint amoindrir notre pays:"  Monsieur Dehaene pensait à former une Association d’Anciens Élèves. Il voulut l’inaugurer par un banquet et une cérémonie religieuse... Après réflexion, il se décida pour la date du 22 septembre 1870. Il réservait, pour ce jour-là, l’inauguration des orgues de St François, un bel instrument, sorti des ateliers Merklin-Schütze. Les invitations furent lancées le 9 juin. Elles mentionnaient ainsi le programme de la journée:Une messe solennelle sera célébrée, le 22 septembre, à neuf heures du matin, à l’intention de tous les invités, avec instruction par M. l’abbé Ledein, ancien professeur du Collège d’Hazebrouck, ancien Supérieur du Collège de Notre-dame des Dunes, à Dunkerque, actuellement du Clergé de- Paris. 

Le banquet sera servi à une heure. A 3 heures 30 aura lieu la cérémonie de la bénédiction de l’Orgue, suivie de l’inauguration, pendant laquelle se feront entendre M. Renaud de Vilbac, grand Prix de Rome, organiste de St Eugène, et M. Charles Verroust, premier Prix de Basson du Conservatoire de Paris, ancien élève du Collège d’Hazebrouck elle se terminera par un salut solennel, avec Sermon de circonstance par le prédicateur du matin .
Arrivaient bientôt de toutes parts, les adhésions chaleureuses des anciens élèves, tous heureux qu’on leur fournît l’occasion de se revoir..., de resserrer les liens d’amitié formés sur les bancs du collège, et de revenir, pour quelques heures, du moins, à l’inoubliable cordialité du premier âge ".
Mais brusquement, tous ces beaux projets furent anéantis. Le 19 Juillet, la France déclarait la guerre à la Prusse. Le 4 août, les parents des élèves étaient réunis à St François, selon l’expression de Monsieur Dehaene, non pour " une distribution mais pour une proclamation des prix
". 
 
En effet, on peut lire sur la première page du Palmarès de l’année 1869-70, cette mention:
" Les élèves ont fait spontanément le sacrifice de leurs livres de Prix en faveur de l’Armée française sur le Rhin, en guerre contre la Prusse."

 Hélas, ce même 4 août, c’était la défaite de Wissembourg et l’invasion de l’Alsace. Les 1er et 2 septembre, Bazaine se laissait cerner sous Metz, Mac-Mahon capitulait à Sedan, l’empereur rendait son épée. 
Le 4 septembre, l’Empire était renversé. Naturellement, à St François, il ne fut plus question d’inauguration d’orgues, de banquet, de réunion d’anciens élèves, de fête quelconque....

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La société Saint-Vincent de Paul vers 1870 

AGRANDIR-1871-Labbé Lemire président de la société St Vincent de Paul
1871: Jules Lemire, président de 
la société Saint-Vincent de Paul 

Dès le 26 Septembre 1865 eut lieu la création de la société Saint-Vincent de Paul, sous la présidence de Théophile Deman. Elle se réunit ensuite chaque semaine pendant près d'un siècle dans l'une des salles de l'Établissement.    C'est Monsieur Baron qui la dirigeait à
 cette époque. 
Pendant l'année scolaire 1870-1871, le secrétaire de la société fut Rémi Isoré alors que  Jules Lemire, alors élève de Rhétorique en  fut le président pendant l'année scolaire  1871-72. 

Quelle était la vie à St François vers les années 1870 ?
Un prospectus imprimé par Mr Dehaene nous donne quelques informations.
" Nous travaillons à faire l’éducation des enfants par tous les exercices propres à développer les facultés de l’âme et les facultés du corps et surtout par la religion, âme et flambeau des lettres, des sciences et des arts... Une surveillance paternelle suit l’élève toujours et partout, pour le former à l’amour de l’ordre et du devoir. "

Ce prospectus nous donne aussi des renseignements sur l’uniforme de rigueur à cette époque "redingote et pantalon noir (donc pas de bas) gilet noir pour l’hiver, blanc pour l’été ; boutons ronds en cuivre argenté sur le gilet avec cet exergue "Institution Saint François d’Assise"; cravate blanche,  casquette avec cordelière et broderie argent ; gants blancs".
sources
: Un petit séminaire dans les années 30- Jean Six

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JULES LEMIRE ÉLÈVE PUIS PROFESSEUR A SAINT-FRANÇOIS 


Extrait du livre d'or du séminaire signalant l'entrée en 5° de Jules Lemire en 1867

SCOLARITÉ DE JULES LEMIRE

AGRANDIR Jules Lemire-eleve de rhétorique
Les élèves en 1872: Jules Lemire, 
à droite, au premier rang
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A la fin de la première année scolaire, en 1867, il obtient un 2° prix d'instruction religieuse ainsi que d'histoire et de géographie. Élève brillant, il obtient en 3° le premier prix d'histoire, de géométrie, de thème grec, de vers latins, d'instruction religieuse... 
en 1870 neuf premiers prix, et en 1872, 10 premiers prix. 
Ses condisciples sont alors: Charles Patinier, futur prêtre des missions étrangères, Mgr Bridoux qui entra chez les pères blancs, Henry Vanhaecke, père du Saint -Esprit, Louis Dromaux, qui fut seul survivant de la caravane de 10 missionnaires entrée la première au  TangaNika. 
C'est le 10 Août 1872 que Jules Lemire  décroche deux baccalauréats à Saint-François: ès lettres et ès sciences . 

JULES LEMIRE PROFESSEUR

De 1873 à 1876 il devient "professeur-abbé" en tant que grand séminariste, surveillant en 1873-74, professeur de troisième en 1874-1875, puis professeur adjoint de philosophie en 1875-76.  
En mai 1876, sur l'ordre de son supérieur, L'abbé Lemire, ainsi que les autres professeurs du petit séminaire, invitent les habitants d'Hazeebrouck à signer la pétition demandant le maintien de la loi de 1875 sur l'enseignement supérieur.  
C'est en 1878 que l’administration diocésaine le nomme professeur au petit Séminaire d’Hazebrouck
 Il y  enseigne la philosophie de 1878 à 1881, puis la rhétorique jusqu’à son élection en 1893.
Mr Lemire fut donc professeur pendant 20 ans à St François sous la direction de Mr Dehaene et de Mr Baron. C'est à cette époque que l'abbé Lemire qui évolue vers une acceptation de la République, ressent l’hostilité de son entourage: de son supérieur l’Abbé Baron, du doyen de St Éloi à Hazebrouck et des notables de la ville qui restent farouchement conservateurs.
 Finalement lorsqu' il se présente aux élections législatives de 1893, Mr Baron lui demande de quitter St François. 

sources: Un petit séminaire dans les années 30- Jean Six -  l'abbé Lemire par jean-Robert et Gabriel Remy 1929-Librairie Plon- Un prête démocrate par J.M Mayeur.    

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Mgr BRIDOUX - P. Bd. 1852-1890

Mgr Bridoux
Mgr Bridoux
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Vicaire Apostolique du Tanganika (A.E.F.) 
né à Hénin-Liélard P-de-C.) le15 janvier 1852 ; ordonné prêtre à Maison-Carrée (Alger) le 24 octobre 1874 professeur au Petit Séminaire indigène avant son ordination, il le suit, en novembre 1874, à Saint-Laurent dOlt (Aveyron) ; retour, en septembre 1876, à Maison-Carrée, pour enseigner l’arabe aux novices et aux scolastiques. Secrétaire général en 1877, Assistant en 1878, il fut, cette même année placé à la tête de l’école apostolique de Saint-Eugène, puis à la tête du noviciat en 1882.Nommé Vicaire général de la Société en 1883, provincial de Tunisie en 1886 et supérieur du scolasticat. 
Élu Évêque titulaire d’Utique et Vicaire apostolique du Tanganika (Afrique équatoriale, région des grands lacs), il fut sacré à Paris le 8 juillet 1888, par Son Éminence le Cardinal Lavigerie. C’était le premier élève de Saint-François élevé à l’épiscopat. Trois jours après (11 juillet), il était à Hazebrouck avant de partir pour sa mission lointaine, il voulait visiter le berceau de sa vocation et saluer ses anciens maîtres. La semaine suivante, il s’embarquait à Marseille et parvenait au lac en janvier 1889. 
Le 21 octobre 1890, il succombait à la fièvre hématémique, au cours d’une visite à la station de Kibanga, sur la rive occidentale du lac, au nord de la cité actuelle d’Albertville.

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Le R.P. Rémi ISORE,

Rémi Isoré
Rémi Isoré
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Le R.P. Rémi ISORE, martyr en Chine, béatifié par le Pape Pie XII en 1955 né à Bambecque le 29 juin 1832. Entré à Saint-François d’Assise en 1865 ; en " sixième ", où il remporte tous les premiers prix, avec celui de bonne conduite ; il passe, l’année suivante, en "quatrième", où il va rejoindre le futur Mgr Bridoux et les futurs Pères T. Dromaux, E Lebeau, C. Patinier et H. Vanhaecke. 
Rémi Isoré quitte Hazebrouck après sa philosophie, en 1875, va faire une seconde année de philosophie au Grand Séminaire de Cambrai, et, après trois années de professorat à Notre Dame des Victoires, à Roubaix, il entre dans la Compagnie de Jésus, à Amiens, en 1875
Il fait profession le 21 novembre 1877, et enseigne pendant deux ans (1878 et 1879) au collège de la Providence, à Amiens.Cœur généreux, il s‘offrit, en 1880 pour le Zambèze, où les missionnaires tombaient comme des mouches. Il ne put partir qu’en avril 1882, mais pour la Chine, dans la mission du Tchéli-Sud-Est. il étudia d’abord le chinois, puis la théologie, fut ordonné prêtre le 31 juillet 1888, nommé préfet au collège de Tchang-Kia-Tchoang en 1888, puis missionnaire à Tchao-Kia-Tchoang en 1897, et ministre ou directeur de section au Wei-Hsien.
Venu à Sien-Hsien le 16 juin 1900 pour faire sa retraite et passer quelques jours de vacances, il constata que de grands troubles étaient imminents. Il voulut retourner immédiatement à son poste, au danger. Les chrétiens lui conseillèrent d’éviter la ville de Ou-i. "Je veux, leur répondit-il, repasser par Ou-i, où je viens de voir le Père Andlauer, qui est dans les transes s’il y a danger, je serai avec lui.". Parti de Sien-Hsien vers 1 heure du matin, le lundi 18 juin, il arriva à Ou-i peu après midi. Aussitôt après son entrée, on ferma les portes de la ville. La résidence fut assaillie le lundi soir, et surtout la journée du mardi. Vers 5 h. 1/2 (le 19 juin 1900), les Boxeurs firent irruption et tuèrent les deux Pères, qui s’étaient rendus à la chapelle, au pied de l’autel.

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1872 Mgr FERRANT

Mgr Ferrant
Monseigneur Ferrant

(Vicaire Apostolique de Kian-Si-Sept) (Chine) né à Wervicq-Sud le 2 juillet 1859 élève au Petit Séminaire d’Hazebrouck, 1872-1878 entré dans la Congrégation de la Mission le 6 septembre 1880 vœux le 8 décembre 1880 ; à Vernhout (Hollande) en 1882 ordonné prêtre à Paris le 7 juin 1884 ; départ pour la Chine en 1884, et directeur au Grand Séminaire de Ning-Po nommé, en juillet 1898, coadjuteur de Mgr Bray, Vicaire apostolique du Tché-Kiang et sacré à Ning-Po le 2 octobre 1898 ;élu, le 24 septembre 1905, Évêque titulaire de Barbalis et Vicaire apostolique du Kiang-Si septentrional décédé à Shanghaï le 5 novembre 1910.



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Les grandes étapes de Saint-François  

On peut distinguer quatre périodes dans l’existence de l’Institution Saint-François d’Assise

1865-1873
De 1865 à 1873
, Institution de plein exercice, comprenant les humanités et les cours de français.
En décembre 1873
. le Cardinal Régnier, tout en conservant les cours de français, la transforma en Petit Séminaire.
" Elle l’était de fait, écrit-il, " au vénéré fondateur, par le grand nombre de prêtres qu’elle donnait au diocèse; elle le sera désormais de droit, elle en aura le titre et les prérogatives ". 
Son Éminence réalisait ainsi un des désirs les plus ardents de M.Dehaene qui s’écriera en annonçant la nouvelle aux familles:
"Précieuses vocations ecclésiastiques, c’est pour vous découvrir, pour vous exciter, pour vous conduire à un heureux terme, que je suis entré, il y a 40 ans," dans la carrière de l’enseignement ".
1879-1894

De 1879 à 1894
, le Petit Séminaire ne comporte plus de cours de français mais garde encore une division d’externes.
A partir de 1894 , l’internat Saint-François d’Assise est purement "Petit Séminaire"
Les successeurs de M. Dehaene ont gardé avec amour et avec respect les règlements, les traditions et surtout l’esprit de Saint-François. 

1882- La fin de Mr Dehaene

en 1881 Monsieur Dehaene officiellement démissionnaire pour raison de santé cède la place à Mr Baron, qui était son bras droit depuis 20 ans. Mr Dehaene déménage au 32 rue d'Aire le 8 Novembre 1881. 
Il accepte cette disgrâce avec humilité.
Il décéda le samedi 15 Juillet 1882.  Le jour de ses funérailles, toutes les maisons de la rue d’Aire furent garnies de tentures blanches et sobres. Le pavé était jonché de fleurs et de verdure.
Deux souscriptions furent ouvertes par ses anciens élèves. Elles ont permis d’élever un monument, funéraire au cimetière d’Hazebrouck et d’installer une plaque commémorative au séminaire. Cette plaque porte en latin l’inscription suivante

D. O. M.

Ce monument a été élevé à leur très aimé et très regretté père en Jésus Christ, homme très puissant en parole et en œuvre, excellent éducateur de la jeunesse, Maître Pierre Jacques Dehaene, supérieur pendant 45 ans, d’abord du collège d’Hazebrouck, puis du séminaire de cette ville, chanoine honoraire de l’église de Cambrai en témoignage de vénération et de gratitude par ses fils et élèves qui gardent son souvenir. Né l’an du Seigneur 1809, il s’est acquitté dignement et saintement de son ministère de prêtre pendant 47 ans. Il est mort dans la paix du Seigneur, l’an du Christ 1882. Qu’il repose en paix.

En mai 1889, le conseil municipal décida de donner son nom à une rue d’Hazebrouck.

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